Editions

Du même auteur


Catégorie Edition Nationale.
Publié le 26 décembre 2011 par Galactica.
Mise à jour le lundi 26 décembre 2011

Conte des mille et un ’25 décembre’.

Alors voici l’histoire, mes amis, l’histoire égypticienne de Noël !

Nous sommes dans les temps reculés de l’antiquité. Bien avant la venue du prophète envoyé par Rê.
L’histoire débute le jour où le roi-mage Balthazar partit du pays d’Arabie, le mage Melchior de Perse et le mage Gaspard d’Inde.
Ces trois rois-mages avaient vu l’étoile qui devait les guider jusqu’au nouveau-né annoncé. Quel mystère autour de cette naissance ! Il devait être extraordinaire cet enfant !
Les rois-mages n’avaient jamais eu d’autres visions aussi importantes et n’hésitèrent pas un seul instant et partirent sur-le-champ.
Ils s’équipèrent en cadeaux et présents luxueux.
Chacun prit sa route et partit en direction d’Egyptis, pays d’abondance.

Il y avait un pharaon en Egyptis, Akheraton, qui régnait sur les Deux-Terres depuis son enfance. Il avait eu beaucoup d’enfants et il était très vieux maintenant.
Sa cent unième femme avait tout juste vingt ans. Et elle tomba enceinte.
La nouvelle se sut et très vite les cadeaux du monde entier plurent.
Cette naissance tombait bien car les événements n’étaient pas réjouissants. Les guerres dans les pays voisins éclataient et les bagarres intestines faisaient des ravages dans les familles royales en place.
Le futur enfant redonnait de l’espoir dans les cœurs et symbolisait la paix et ou tout du moins une accalmie.

Le pharaon Akheraton était le plus raisonnable et le plus noble des pharaons. Un jour, trois mages vinrent de pays lointains pour faire des dons. Ils avaient des coffres plein de trésors. De l’or, de la myrrhe et de l’encens.
Le pharaon les reçut en son palais, l’enfant venait tout juste de naître. Akheraton était si impressionné par les présents et les salamalecs des trois, qu’il les écouta avec attention.
Ils dirent au pharaon qu’il devrait faire des réserves pour dix ans de famine qui suivront dix ans d’abondance.
Le pharaon fut très sceptique quant à ces nouvelles informations, puis, dans sa très grande sagesse, les écouta et ordonna que l’on fasse remplir les greniers pendant les dix années à venir.
Il faudrait emplir les greniers du palais et de chaque nome de céréales, de pains et de tout ce que le pays pourrait fournir.
Les ordres se propagèrent dans tout le royaume. La nouvelle de garder la moitié des récoltes chaque année parut inhabituelle au peuple. Cependant le pharaon partit par les routes pour vérifier par lui-même que les stocks se faisaient sérieusement.
Dans un petit village, les gens le reconnurent et vinrent lui demander : "Ô pharaon, maître des deux Egyptis, pourquoi faut-il garder tout ce blé alors que la crue est toujours bonne et les années sont abondantes pour tout le pays ?" Il répondit : "Mon cher peuple, des mages m’ont annoncé dix années de disette alors ma décision est indiscutable et irréfutable. Vous devez la respecter et vous me remercierez."
Les dix années s’écoulèrent alors dans la profusion et les réserves furent faites. La moitié des récoltes étaient entreposées et comptabilisées. Le fils d’Akheraton grandissait et suivait son père dans ses allées et venues. Le regardant donner ses ordres et mener le pays d’une main ferme mais toujours juste.
Quelques années passèrent et une guerre éclata au sud. Akheraton partit défendre ses territoires et renforcer ses frontières contre l’assaillant.
Son fils qu’il avait nommé Noëllaton avait quelque peu pris les rennes du royaume pour se faire aux armes du gouvernement et du clergé tout puissant. Il maîtrisait désormais toutes les ficelles du pouvoir. Il prenait des décisions et donnait des ordres tout comme son père le lui avait enseigné. Il avait neuf ans et allait fêter son anniversaire des dix ans dans quelques jours.
La période d’été finissait et son père ne revenait pas du conflit qui sévissait aux frontières.
Noëllaton prit donc la décision d’aller le rejoindre avec un groupe d’hommes armés restés dans la capitale. Ils avancèrent vers la frontière jour et nuit pour ne point perdre de temps.
Lorsqu’ils furent arrivés en haut de la colline surplombant la plaine séparant les deux pays, leur vision fut éblouissante et terrible. Akheraton, épuisé mais vainqueur, suivi de ses hommes, campaient et se reposaient, pendant que les soldats ramassaient et pillaient les cadavres.
Son fils, horrifié par le spectacle, se dirigea tout droit vers lui et se posta juste devant lui. Akheraton leva alors les yeux et vit dans le rayon de soleil descendant, un gamin de dix ans qui lui dit : "Père, je répugne à voir ce pillage et ce ramassis de cadavres en putréfaction, alors que vos hommes saccagent et molestes leurs âmes. Vous savez que ces guerriers méritent tout le respect qui leur ait dû. N’ai-je point raison, père ?"
Akheraton, abasourdi par ce discours si déterminé et plein de fougue, en resta muet. Puis reprenant ses esprits, il se leva et lui sourit.
"Fils, tu vas relever ton père et remmener ces hommes à la capitale, je te laisse seul juge de ce qui est bien ou mal. Tu vas avoir dix ans et il n’y a pas d’âge pour être un homme."
Noëllaton alla donc vers ses hommes et ordonna qu’on rassemble l’armée et que le butin soit également ramassé et mis en caisse. Ce qui fut fait.
Son second, un soldat confirmé et aguerri, revint vers lui en lui confirmant que son ordre avait été respecté. Il fit aligner toute son armée devant lui et parcourut la distance du premier rang. Sur toute la longueur, il choisit trente hommes qui se détachèrent aussitôt des rangs. Noëllaton leur assigna de prendre toutes les caisses de butin sauf une et de les ramener à la princesse Salomé, au palais de la capitale ennemie et de faire leurs condoléances pour son père défunt. Il ordonna ensuite au reste de son armée le retour vers la capitale.
Tout cela se fit sans embuche.
Akheraton organisa une magnifique fête pour les dix ans de son fils. Dans le palais tout le monde s’affairait pour que tout soit parfait et divin. Le bel enfant Noëllaton allait fêter ses dix ans.
Le pharaon Akheraton avait totalement oublié les trois rois-mages et leur prédiction mais avait pris l’habitude de toujours vérifier que les réserves se fassent promptement chaque année.
Le soir de l’anniversaire, une princesse Salomé se fit annoncer avec toute sa cour. Akheraton était au courant car il avait reçu un messager lui annonçant sa venue mais qu’il devait en faire la surprise à son fils.
Noëllaton allait donc d’un invité à l’autre pour le remercier des présents et de sa venue toute exprès. Quant on annonça en grande solennité, la princesse Salomé. Elle entra suivie de toute sa cour au milieu de la plus grande pièce du palais et illumina tout de suite le cœur de Noëllaton. La jeune fille n’avait elle-même que dix ans exactement.
Noëllaton alla tout de suite l’accueillir et la félicita de sa grande beauté et la remercia mille fois de sa venue.
"Oh, non, cher pharaon Noëllaton, c’est nous qui vous remercions pour nous avoir rendu grandeur et consolation. C’est dans les moments difficiles que l’on voit ses meilleurs ennemis." Puis elle se mit à rire en voyant la joie illuminer les yeux de Noëllaton. Le gamin était aux anges. Ils retrouvèrent son père le grand pharaon. Ce dernier la prévint :"Je veux vous prévenir de dix années annoncées de disette. Je viens de m’en rappeler car il y a dix ans tout juste, trois rois-mages sont venus de contrées lointaines pour m’avertir."
Salomé le remercia vivement mais parut triste d’un coup.
"Dites-moi, d’où vient ce chagrin, belle princesse ?" demanda le pharaon.
"De la pauvreté de mon pays. Nous n’avons pas pu mettre de récolte de côté car ma contrée s’assèche d’année en année. Nous ne savons plus quoi faire."
Noëllaton regarda son père et lui fit signe de lui parler en privé. Il se pencha et écouta ce qu’avait à lui dire son fils dans l’oreille. Il acquiesça de la tête.
"Ne vous en faites pas, belle princesse du pays du Sud, mon fils va vous aider. Il connaît bien l’agriculture et les problèmes de l’eau du Nil."
La soirée se termina magnifiquement avec des artistes venus des quatre coins du pays, des danseuses et des saltimbanques aussi.
Noëllaton était si bien, qu’il n’aurait voulu que plus jamais la princesse ne s’éloigne de lui. Il lui proposa de dormir dans le palais avec ses suivantes. Ce qu’elle accepta en toute confiance. Puis elle repartit deux jours plus tard, après avoir passé beaucoup de temps avec Noëllaton.
La crue devait avoir lieu les jours suivants pour remettre l’activité des bords du Nil au goût du jour. Mais les jours suivants restèrent secs et très peu pluvieux pour les meilleurs journées.
Pharaon voyait que la prédiction commençait déjà. Il n’y pouvait plus rien désormais. Alors il décida de rationner les réserves pour durer dix années entières, pas une de moins, pas une de plus. Le peuple put se nourrir pendant les dix années de disette.
Il sut alors qu’il avait pu faire confiance aux trois rois-mages et qu’il le referait si cela se renouvelait.
Il surveilla donc le rationnement et le peuple ne manqua de rien pendant ces dix années.
Son fils Noëllaton, vint le voir et lui dit : "Père, vous m’aviez dit que j’allais pouvoir aider Salomé mais vous ne m’en donnez point l’occasion. Que dois-je faire ?"
Pharaon réfléchit un petit moment en se grattant le menton.
"Oui, mon fils, vous avez raison, il serait temps que vous l’aidiez."
Son fils lui sourit.
Il choisit donc d’envoyer un nouveau messager pour la demander en mariage. Que la date lui importait peu pourvu qu’elle lui dise ’Oui’.
La réponse ne se fit pas attendre car un ’Oui’ retentissant et joyeux lui revint aussitôt par ce même messager.
Salomé était tombée amoureuse de lui et n’avait pas hésité un instant quant à devenir son épouse.
Leurs deux pays donc furent gouvernés de concert et le peuple de Salomé ne manqua plus jamais de rien.
L’alliance des enfants engendra l’alliance des deux pays et ceux-ci ne firent plus qu’un. Les problèmes d’irrigation furent résolus en amont d’Egyptis et Noëllaton inventa une machine pour irriguer tous les territoires arides. Et le pays de Salomé devint aussi verdoyant que le sien.
Les dix années de disette ne furent bientôt plus qu’un souvenir et les deux jeunes tourtereaux de vingt ans se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.
Le pays d’Egyptis en sortit vainqueur et grandi. La paix et la prospérité représentèrent les nombreuses années qui suivirent.


Moi | Marché | Foire aux Bestiaux | Mon Domaine | Mes Possessions | Ma Cité | Courrier | Historique | Déconnexion

Squelette SPIP réalisé par Greg